comparaisons entre enfants.

  • Ce sujet contient 1 réponse, 2 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Toubadour14, le il y a 7 années.
15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 18)
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  • #95 Répondre
    Sonia
    Invité

    Une petite fille parlait de ses nombreuses copines et le nom d’une d’entre elles a attiré mon attention : Léaquiassoté Un’clas
    Renseignements pris, Léa était passée de la moyenne section de maternelle en C.P ce qui imposait le respect ! « Ce sont les plus intelligents qui sautent des classes. On peut naître très intelligent, moyennement, ou bête. Léa avait de la chance, elle avait tout toujours juste. Comment savoir si on était moyennement intelligent ou un peu bête se demandait cette petite fille. »
    Comme j’avais moi-même rencontré un jeune Thomas qui était entré en 6ieme avec deux ans d’avance et avait passé le bac à quatorze ans (avec mention très bien), je lui en ai fait part, simplement sans marquer d’admiration particulière.
    Le prénom de Léa a eu vite perdu sa lourde rallonge, j’ai pu le constater.
    Quelle est notre valeur ? La réussite des autres nous blesse-t-elle dans notre amour propre ? Et cela à vie ? Comment l’accepter sans découragement ? L’école fait que les élèves se comparent à leurs risques et périls. Dans les familles aussi cette comparaison n’est pas absente, j’en ai vu qui mettaient en avant une compétition entre leurs enfants sans trop s’en apercevoir. L’école à la maison peut-elle faire face à cette situation ? Comment ?

    #96 Répondre
    Eric
    Invité

    Bonjour Sonia,

    la compétition fait malheureusement partie de notre société. Je dis malheureusement car je ne pense pas que la compétition génère forcément l’envie de se dépasser. Chez certains, c’est le cas ; chez d’autres, la compétition génère découragement.
    La compétition n’est pas absente de l’école à la maison, vous avez raison, mais dans ce cas, elle correspond à une façon de penser des parents et, si on peut ne pas en être d’accord, c’est cependant de la responsabilité des parents, responsabilité qui n’a pas à être mise en cause selon moi (sauf actes graves de maltraitance). Les parents sont les premiers responsables de leurs enfants ; ne pas être d’accord avec des méthodes ne nous autorise cependant pas à juger négativement.

    Le problème se pose lorsque l’on impose cet esprit de compétition à des enfants en allant à l’encontre des convictions des parents. C’est ce qui se passerait avec nous si nos enfants allaient à l’école. L’école devrait, dans son rôle éducatif, s’adapter aux attentes des parents (ce que son organisation actuelle ne lui permet pas, et c’est pour cela qu’il faut la modifier radicalement selon nous).

    Enfin, à ceux que j’entends beaucoup trop souvent dire qu’il faut apprendre la compétition car, sans elle, on ne peut faire sa place, je réponds que j’en suis un parfait contre-exemple et que j’en connais beaucoup d’autres.

    Il est parfaitement possible de construire sa vie en société en refusant de se soumettre à l’autre, au contraire de l’écraser ou simplement de se comparer à lui.
    Il suffit pour cela de :
    – construire des compétences personnelles
    – être à l’écoute
    – avoir une grande attention pour les valeurs humaines tout en sachant défendre fermement ses convictions
    – accepter le fait que chacun ne conçoit pas les choses de la même façon.

    C’est une position que je trouve personnellement plus saine que se demander si je suis meilleur ou moins bon que mon voisin. Et cela permet à mon avis de trouver sa place, tout en acquérant une meilleure connaissance de soi.

    #97 Répondre
    Sonia
    Invité

    Bonjour Eric,
    Tout à fait d’accord avec vous.
    Vos réflexions m’amènent à me demander si la philo n’est pas introduite trop tard dans l’enseignement.
    Vous me direz que chacun peut se l’inventer selon ses convictions !
    Cependant, y a t-il des cours de philo construits pour enfants ? avec des références, une prise en compte historique , et sans que cela soit “un catéchisme” ?
    Cher Eric, je sais que les gens sereins, sans effets de manche et d’esbroufe sont solides et que ceux qui veulent en mettre plein la vue car ils manquent de confiance en eux sont malheureux. Je les aime autant les uns que les autres, avec un petit penchant pour les malheureux. Il leur en faudrait si peu pour les rassurer pas vrai? Parfois on y arrive.
    Merci pour votre réponse, et à la prochaine!

    #98 Répondre
    Rémy
    Invité

    Bonjour Sonia, je voulais réagir: “Ce sont les plus intelligents qui sautent des classes. On peut naître très intelligent, moyennement, ou bête.”
    Eh bien… non. Tous les bébés naissent à peu près avec le même potentiel. Tout est question de développement du cerveau. On ne naît pas intelligent, on le devient. Le cerveau est une nature et comme toute nature, il s’entretient.

    #99 Répondre
    Eric
    Invité

    Deux réflexions par rapport à ce que je lis :

    – je pense, comme Rémy, que chaque être humain naît avec le même potentiel (sauf malheureusement cas de handicap). Après, tout se construit par rapport à l’environnement humain, social, culturel, les évènements de la vie, etc. Chacun va plus ou moins loin, dans plus ou moins de domaines.

    – quant à la philosophie, elle commence très tôt chez nous, Sonia, mais on ne l’appelle pas comme cela : il s’agit simplement de faire réfléchir nos enfants sur des choses simples mais essentielles qui mènent, plus tard, à ce que l’on appelle la philosophie : pourquoi on respecte les animaux, pourquoi dans la vie les gens ne se comportent pas tous pareils les uns avec les autres, comment il peut se faire que ce qu’on admet tous maintenant (scientifiquement, par exemple, mais pas seulement) n’était pas si évident que cela il y a encore 300 ans, etc.
    La philosophie telle qu’elle est enseignée au lycée commence par cela, je pense.

    C’est comme les sciences physiques : à 16 ans, on apprend les principes de la gravitation universelle mais on en serait bien incapable si on n’avait pas appris à 7 ou 8 ans toutes les bases du calcul.

    #100 Répondre
    Sonia
    Invité

    Je pense que Rémy et Eric vous auriez pu bien expliquer à cette petite fille qu’elle était la part de l’inné et de l’acquis, et que l’intelligence ne se mesurait pas en sauts de classe uniquement!
    Pour les grandes questions existentielles, telles que la mort, les croyances, la liberté, etc… mon avis est que notre point de vue n’est pas suffisant, à part que l’on soit très cultivé, ce qui doit être le cas de pas mal de parents qui font école à la maison. Voilà pourquoi je me préoccupais d’un support.

    Et puis puisque j’y suis, si on parlait aussi de l’autorité et sans polémique, j’y ai pas mal réfléchi.
    Je vous fais passer une réflexion personnelle et vécue,. Personne n’est obligé d’y répondre, et c’est parce que ce forum n’est pas trop rempli que je me permets cela.

    #116 Répondre
    Diana
    Invité

    Que pensez-vous des enfants précoces? Ce n’est pas seulement le résultat de l’éducation, de l’éveil…Si?

    #118 Répondre
    Cecileprésente
    Maître des clés

    Bonjour Diana, la précocité est à 90% le résultat d’une sollicitation plus particulière du cerveau, en fait ce qu’on appelle les enfants précoces sont des enfants comme les autres, mais qui ont eu plus de travail cérébral, plus de sollicitation. Sur ce sujet il est intéressant de lire Norman Doidge qui explique comment fonctionne le cerveau. Ces enfants ne sont d’ailleurs précoces que par rapport aux autres dans le système scolaire moyen, qui eux sont peut-être surtout “en retard”, et ces mêmes enfants “précoces” sont tout à fait dans la moyenne des enfants élevés dans des pays ou milieux développés sur le plan éducatif. On voit des personnes âgées bondir 20 ans en arrière du point de vue des facultés grâce à des exercices, ils ne sont pas plus doués ni “en avance”, au contraire ils sont “en retard” du point de vue chronobiologique puisqu’ils ont des résultats de plus jeunes. On pourrait dire que le mot de précoce est spécieux. Un enfant avance à son propre rythme, parce qu’il a reçu davantage et que son fonctionnement est ainsi. Le système a tendance à classer les enfants qui ne vont pas au rythme “des autres”, alors que chaque enfant a son rythme. Si un enfant veut avancer, pourquoi le freiner, voilà la question que les parents posent bien souvent à l’école. ça vaudrait la peine de faire un article à ce sujet, merci d’en parler ! Vous avez apparemment un ou des garçons qu’on dit précoce(s) ?

    #120 Répondre
    Eric
    Invité

    Je ne dirai pas mieux que Cécile mais je vais le dire quand même : la notion de “précocité” (barbarisme, je pense, à vérifier) telle qu’elle est définie dans le milieu scolaire m’agace.
    Je pense personnellement qu’un enfant n’est pas précoce ou en retard, c’est nous qui allons trop vite ou pas assez vite avec lui.
    De plus, cela dépend des matières, ce qui complique tout. Nous, Aliénor aurait certainement pu être cataloguée précoce en français et en retard en calcul. Et aujourd’hui, elle est simplement très à l’aise avec le français et elle s’en sort bien en calcul, même si elle a moins de goût pour cela.

    Le plus important selon moi : ne pas stresser, les observer et se dire qu’après tout, ce sont surtout des enfants qui veulent avancer plus ou moins vite selon les domaines. La vraie question est : comment les fait-on avancer du mieux que nous pouvons, avec nos forces et nos failles de parents, en respectant ce qu’ils sont et la direction dans laquelle ils veulent aller ?

    #158 Répondre
    Pauline
    Invité

    Bonjour! Je suis nouvelle et j’ai un peu de mal à comprendre comment fonctionne le site, car ce genre d’exercices n’est pas mon fort… Dès que j’aurai compris comment, je me présenterai!

    En vous lisant je ne peux pas m’empêcher de réagir : certes il y a une tendance à stigmatiser les enfants que l’on a appelé “surdoués” puis “précoces”. Dieu sait comment on les appellera demain! Effectivement cette stigmatisation est nuisible autant pour eux que pour leurs camarades de classe. Cependant il ne faut pas tomber dans l’excès inverse d’une volonté illusoire d’égalitarisme. Il y a des enfants qui ont des capacités extrêmement plus grandes que leurs frères et soeurs, sans qu’ils aient reçu plus de stimulations, et il y a des enfants qui malgré des méthodes adaptées apprendront toujours plus lentement. Tout le monde peut apprendre, tout le monde peut aimer apprendre et être heureux en apprenant, mais il y a des enfants qui le feront sans aucun effort et quelle que soit la méthode, et à une vitesse parfois vertigineuse, alors que d’autres auront besoin de tout notre effort pédagogique. L’intelligence “classique” n’est certes pas la seule forme d’intelligence, peut-être pas la plus importante d’ailleurs, mais je trouve dangereux de nier que dans le cadre de cette faculté précise nos enfants sont inégaux. Puisqu’on privilégie, sur ce site et dans l’école à la maison, l’écoute de l’individu, ne nous laissons pas leurrer. Il y a des enfants dont les compétences intellectuelles de compréhension, raisonnement et mémorisation et utilisation de données sont extraordinaires et ont perceptibles dès leurs premiers balbutiements. Evidemment, ce trésor peut être potentialité ou étouffé par les expériences vécues par l’enfant : l’acquis a son rôle. Mais les parents qui ont un enfant qui les dépasse et les épate constamment savent très bien de quoi je parle. Mises à part les connotations qui y sont attachées, le terme “sur-doué” me plaît presque plus que celui de précoce. Ou en Anglais, “gifted” : celui qui a reçu un cadeau, celui qui a reçu plus que la normale. On ne doit pas le nier, il y a des enfants étonnants. Et le nier peut faire plus de tort à ses frères et soeurs. J’ai beaucoup détendu ma fille aînée en lui expliquant que son frère cadet avait des possibilités hors norme. Elle qui souffrait de le voir sans cesse comprendre tout plus vite qu’elle (dans toutes les situations de la vie) alors qu’il était plus petit qu’elle, elle qui commençait à s’en sentir humiliée, ne prend plus ombrage de l’esprit brillant de son frère. Elle sait pourquoi. Elle sait qu’elle excelle dans certains autres domaines que lui, notamment en qualités humaines, mais que pour tout le reste, il est fort probable qu’il “pigera” toujours plus vite qu’elle, retiendra toujours plus, saura toujours plus. Maintenant ça lui est égal. Son frère est spécial et voilà tout. Evidemment je prends bien soin de la valoriser dans ses talents personnels et de lui faire voir la valeur de ses efforts et de ses progrès.

    Voilà, témoignage un peu long, désolée, mais ça fait trop de fois que je vois une tendance nouvelle à nier certaines différences, et cela pourrait nous faire tomber de charybde en scylla. Enfin, je crois!

    (attention, je parle d’enfants réellement brillants, ce qui n’a rien à voir avec le niveau scolaire dans telle ou telle matière. Il est d’ailleurs connu que beaucoup d’entre eux sont en échec scolaire. Je parle aussi d’enfants brillants harmonieux, homogènes, c’est à dire doués en tout ce qui peut se comprendre ou s’apprendre avec la tête!)

    J’espère ne pas vous avoir brusqués par une première intervention un peu réac… Vous verrez que je suis souvent très directe dans mes idées, n’hésitez pas à me contredire si elles ne vous plaisent pas! Je ne le prendrai pas mal!

    #159 Répondre
    Eric
    Invité

    Bonjour Pauline,

    je suis Eric, papa de Cosme et Aliénor. Concernant votre avis, je pense que chaque enfant vient au monde tel qu’il est, et cette notion de précocité ou de retard me laisse songeur. Certes, notre fils va à une vitesse assez effarante en calcul mais notre réation est simplement de lui donner la matière dont il a besoin. Du coup, sa soeur qui n’aime pas le calcul trouve bien pratique les capacités de son frère car cela l’aide. D’autant que, comme tout enfant, elle a aussi des domaines dans lesquels elle a énormément de facilités (mais ces facilités ne seraient pas mises en valeur à l’école dans le sens où elles sont littéraires et physiques essentiellement – c’est donc l’école qui la mettrait en compétition avec son frère).

    Nous basons notre instruction sur le respect de leurs rythmes. Du coup, pas de comparaison avec les autres, chacun va à son rythme et tout le monde y arrivera.

    Des exemples à leur donner ? Papa a eu son bac avec deux ans de retard (selon les critères de l’EN) et son DEA avec 6 ans de retard (toujours selon ces critères de l’EN). Maman, c’est le contraire, elle a très bien marché dans les études. Eh bien, avec le retard de papa et la progression normale de maman, on a tous une jolie petite vie.

    Je ne dis pas que vous avez tort et qu’il ne faut pas expliquer. Ce qui me dérange est de vouloir à tout prix mettre les enfants en face de celà. S’il y a des questions, alors on répondra, mais pourquoi mettre en avant la plus grande rapidité de l’un dans un domaine. Si ça dérange un de nos enfants, on le verra ou ils nous le diront (avantage de vivre ensemble, on se dit les choses en famille), et on expliquera alors.

    Mais nous préférons ne pas prendre l’initiative de mettre en avant une différence qui est selon nous assez naturelle.

    Pour en rediscuter si vous voulez 🙂

    #162 Répondre
    Pauline
    Invité

    Bonsoir Eric,

    En fait il n’y a pas d’opposition entre votre commentaire et le mien. Je ne parle pas de retard ni de précocité, et d’ailleurs pas non plus de comparaison dans le domaine scolaire ni en termes de résultat. Mes enfants sont élevés à la maison sans aucun curriculum scolaire et antérieurement ont fréquenté une école où l’enseignement était 100% individualisé et où les notes n’existaient pas. Donc ils n’ont jamais subi de traumatisme à ce niveau, et personne n’a forcé de comparaisons entre eux. Seulement ma fille aînée n’est pas sotte et lorsque nous expliquons quelque chose à table, lorsqu’elle commente un livre avec son frère, lorsqu’ils apprennent quelque chose en même temps dans un cadre ou un autre, force lui est de constater que l’esprit du cadet a fonctionné plus vite, qu’il comprend plus de choses qu’elles, qu’il se souvient de tout ce qu’il a vu ou lu et sait l’utiliser. Donc elle-même se sentait mise en difficulté alors que personne ne lui a jamais renvoyé une image négative d’elle-même! Comment voulez-vous éviter cela s’il s’agit d’à peu près tous les domaines? (y compris sportifs t artistiques en tous genres). Lorsque j’ai vu qu’elle se dévalorisait de plus en plus malgré une petite tête bien faite et des foules de qualités personnelles qui ont toujours été mises à l’honneur, je lui ai tout simplement dit la vérité, à savoir qu’elle était normale et talentueuse, et que c’était son frère qui d’une certaine manière n’était pas normal. Et elle a tout de suite retrouvé de l’assurance. Je crois en la simplicité de la vérité. Evidemment, si il n’y avait pas eu ce problème d’amour-propre chez notre aînée, nous n’aurions pas eu besoin d’aborder le sujet. La vérité, mais seulement la vérité utile. Me comprenez-vous mieux?

    #163 Répondre
    Rémy
    Invité

    Eh bien merci, Pauline, pour ce beau message si bien écrit (que de belles plumes honorent ce forum !). Je crois que ces avis convergent en fait. Certes, il y a dès le départ des prédispositions, vous avez raison de le souligner. Nous aimons à penser que chaque enfant a des prédispositions, qui toutefois ne se manifestent pas toutes dès le plus jeune âge.

    L’école fait du tort en classant les enfants, voilà ce que nous voulons dire, car la précocité scolaire n’est qu’une précocité… partielle. On n’est pas doué en tout. En outre, les dons évoluent. Robert Schumann ou Einstein étaient plutôt passables à l’école et se sont révélés fort tard.

    En réalité, l’école a ses propres critères d’évaluation, et ces critères ne sont le fait que d’un système qui n’est pas lui-même capable d’évaluer… ce qu’il évalue. Elle ne parvient pas à recevoir chaque enfant avec un regard particulier (c’est l’école de la République entend-on, on eut aimé que ce soit l’école des enfants), même si certains enseignants le font, l’institution ne le reconnaît pas du seul fait de programmes qui correspondent à un besoin de masse. C’est une manière de faire qui ne correspond plus à ce qu’on sait du cerveau.

    Mais il y a plus important encore: si chaque enfant reçoit ce dont il a besoin, et davantage au fur et à mesure de sa croissance intérieure, alors les prédispositions des uns s’épanouissent et les “carences” – relatives – des autres s’effacent. L’apprentissage en fait peut être si important que les prédispositions ne représentent qu’une toute petite partie du patrimoine de chacun. Au contraire, si l’apprentissage n’est ni bon ni mauvais, les prédispositions vont dominer, et créer des différences qui vont attirer sur les “plus doués’ les foudres des autres ou au moins un certain rejet. Dès lors, ceux-là vont devoir se lisser pour être plus proches de ceux-ci. C’est le nivellement. Et c’est triste.

    Eric a tout à fait raison d’éviter la comparaison, de même que la course aux médailles ne fait que concourir des êtres sur une même spécialité alors que chacun a la sienne propre qu’une vie entière ne suffit pas toujours à révéler. C’est donc aux parents d’essayer de le faire, n’est-ce pas ? Un enfant qui réussit à un moment donné saura qu’il a une capacité et la développera. D’où l’extrême importance de la réussite de l’enfant et de la “célébration” de cette réussite par les parents (nous en parlerons bientôt).

    En fait, une absence complète de prédisposition dans un domaine quelconque peut  être entièrement compensée par un apprentissage approprié. Voilà le merveilleux message des neuroscientifiques contemporains. Ainsi, on voit des gens inaptes dans un domaine devenir des experts, telle cette jeune fille dont j’ai parlé qui ne savait pas lire l’heure sur un cadran de montre et qui est devenue elle-même une neuroscientifique, encouragée à raconter sa propre histoire. On a aussi le cas de Josep, autiste, qui réussit de très brillantes études, dont nous parlons dans un article.

    Un livre  parle très bien de ce sujet : il est sur cette page, c’est le livre de Norman Doidge.  Tous les parents devraient au moins le parcourir pour entrer dans cette nouvelle ère du développement (on le trouve d’occasion sur le net, il serait dommage de s’en priver).

    Est-ce que ceci rejoint les avis exprimés ici ?

    #164 Répondre
    Rémy
    Invité

    Je vais ajouter cette histoire drôle que je ne retrouve pas mais qui illustre très bien: c’est celle de ce chasseur de tête qui rencontre Jésus et les apôtres. Il fait un bilan de compétences à chacun et conclut auprès de Jésus: il est mal parti avec son équipe. 11 d’entre eux sont inaptes, analphabètes, peu communicatifs et peu doués pour la négociation. Un seul s’en tire bien. Il est capable, c’est le seul qui a des lettres. C’est Judas Iscariote… 😉

    #166 Répondre
    Pauline
    Invité

    Merci pour la blague, qui illustre avec humour les dangers des grilles d’évaluation dont les critères ne correspondent pas à nos valeurs et qui nient le potentiel individuel.

    Nous sommes bien d’accord!

    Notre première impression dissonante relève, je crois, d’une différence de références culturelles. Les parents éduquant à la maison et les sympathisants de ce mouvement sont en général en réaction à un ou plusieurs aspects du système, ou en recherche de solutions à un problème vécu par leurs enfants (voire par eux-mêmes dans leur enfance, car je crois que le parent a tendance à beaucoup se projeter dans son enfant lorsqu’il fait des choix pour lui, quoiqu’il essaie de limiter ce phénomène).

    Elevée dans d’assez bonnes écoles privées en France dans les années 80 et un peu plus, j’ai cependant vécu à l’étranger depuis mon mariage et j’ai fréquenté en tant que mère le milieu des écoles internationales. J’ai souhaiter scolariser mes enfants dans ces écoles ouvertes, merveilleusement adaptables, qui savent intégrer en cours d’année des enfants nouveaux issus des quatre coins du monde et ayant reçu ailleurs un enseignement différent…dans une langue différente! J’ai donc eu droit pour mes enfants à des méthodes séduisantes, respectueuses de leur rythme et de leur personnalité. Leur école était une école d’enfants heureux et ils s’y sentaient bien. L’idée de l’école à la maison a surgi pour d’autres raisons (nous donner du temps pour le français, passer plus de temps ensemble pour transmettre nos valeurs et nos principes et assurer leur enracinement, permettre l’ouverture à d’autres matières – en général plus classiques – que celles enseignées dans ces parcours, assurer un rythme d’apprentissage rapide à notre fils…). En résumé, nous avons fait un chemin en certains points inverse à celui que beaucoup d’entre vous ont parcouru.

    Nous avons beaucoup lu (notamment sur internet) avant de prendre la décision de l’école à la maison. Et nous avons hésité entre le modèle que je nommerais Français (suivre un cours qui reproduit les étapes et les contenus des écoles avec plus ou moins de liberté dans les rythmes et les méthodes) et le modèle que j’appellerais Américain (plus proche de ce que nos enfants ont connu dans leur école : on travaille par projets, tous âges confondus, et à l’occasion de l’étude ou de la réalisation du dit projet qui touche à des sujets choisis suivant les hasards de la vie et les goûts de la famille, on acquiert des connaissances et des compétences utiles. Toute situation de la vie courante est l’occasion d’un apprentissage que l’on va formaliser plus ou moins selon le jugement du parent. On calcule au supermarché, on fait des sciences naturelles au musée ou en faisant du jardinage et…).

    Nous avons fini par opter pour une solution mixte, et enseignons à nos enfants autant dans les cahiers qu’au hasard des circonstances. Puis nous essayons de créer du sens autour de ces hasards et de les rattacher à l’enseignement formel qu’ils reçoivent, lorsque le sujet ou la technique s’y prête. Par exemple, si les enfants viennent de commencer le latin nous projetons de les emmener voir une exposition sur Pompéi, la préparons par des lectures, essaierons de leur parler de l’art romain, d’orienter leurs créations artistiques autour de ce sujet etc. Il y a donc souvent un “sujet à la mode” à la maison, qui va aussi influencer leurs rédactions par exemple. Et pourquoi pas les mathématiques, enrichis par un peu d’histoire de la matière? Et hop, on en profite pour revoir les chiffres romains et les pratiquer. Les américains appellent ces sujets “units of enquiry” ou unités de recherche. Les enfants retiennent très bien tout ce qu’ils ont appris à l’occasion d’un “unit” car cela a du sens pour eux.

    Pourquoi parler de cela dans ce fil du forum? Parce que je crois que ces méthodes, non-contradictoires avec le suivi d’un cours par correspondance, peuvent permettre de passionner les enfants et laissent à chacun la possibilité d’un apport différent. L’artiste, le scientifique, le littéraire, le touche-à-tout, le rêveur pourront y apporter leur touche et la partager avec les autres. On pourra prendre plaisir à aborder des contenus de savoir ensemble à table et la culture ne sera plus consignée uniquement dans les cahiers. Je crois que c’est une bonne méthode pour que chacun puisse s’épanouir, apprendre, développer ses talents et recevoir des autres.

    Effectivement, dans les (rares) écoles qui pratiquent ces principes, la comparaison entre enfants n’existe pas. Attention, je ne relève ici que les points positifs de ce système d’enseignement, qui a des aspects négatifs non négligeables à mon sens s’il est exclusif.

    Mais je crois qu’il faut reconnaître que nos cerveaux hexagonaux sont souvent trop cartésiens et que nous pouvons, avec jugement,  y prendre de la graine! D’ailleurs notre tendance naturelle à rechercher et reproduire un enseignement très structuré peut être un grand atout pour savoir bien organiser et planifier ce type d’apprentissage afin d’en récolter tous les fruits.

    Qu’en pensez-vous? Est-ce une philosophie très éloignée de celle des intervenants de ce forum?

     

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