autorité

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  • Ce sujet contient 1 réponse, 2 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Sonia, le il y a 7 années et 6 mois.
7 sujets de 1 à 7 (sur un total de 7)
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  • #103 Répondre
    Sonia
    Invité

    Au moment de se mettre à table, Marie est arrivée en courant et, se juchant toute seule sur la chaise haute et ayant fait tomber sa fourchette, elle en redescend quand Fleur et Amandine traversent l’entrée en riant aux éclats pour aller en un clin d’œil rapprocher leurs chaises et échanger un verre  à pied contre un verre décoré de Babar.
    -On se lave les mains !
    Hop ! Les voilà se bousculant vers le lavabo et Marie qui grimpait à nouveau sur sa chaise s’est laissé tomber pour aller aussi se laver les mains. Des cris au lavabo ! David et Louis aspergeaient ! Pourtant en quelques secondes, ils étaient tous les cinq en train de s’asseoir. Je n’ai pas vérifié les mains.
    Nous ne savions pas que Fleur et Louis étaient fâchés depuis tout à l’heure et « eux n’oublient pas ». Pas question d’être à côté. Louis a changé de place en poussant la chaise de Marion qui a protesté en pleurant.
    Stop !
    Il y en avait qui n’aimaient pas les tomates, d’autres les radis. David avait eu un morceau plus petit que Fleur, et Louis s’était resservi  trois fois ! Et Fleur «  parlait tout le temps ! » Quant à Amandine  elle n’avait pas faim. Un peu soif. C’est tout. Nous avons tenu le coup sans élever la voix.
     Rivalités, voracité, goûts sélectifs importants, manque de respect, bruit : nous avions un beau tableau de leurs difficultés, normales pour des enfants, mais insupportables. Nous nous sommes tous  attelés « au moment des repas »  durant « une réunion » comme on avait entendu qu’il fallait faire. Fleur voulait qu’un adulte se tienne près du lavabo, Louis voulait que les deux filles soient séparées. Là aussi nous avons résisté. C’était la solution de la facilité mais ils étaient d’accord : on ne surveillait que des bébés,  les grands n’avaient pas besoin de gardes chiourmes tout le temps.  En final le lavabo n’a pas été surveillé…etc…Je comptais les points jusqu’à ce que je gagne. A nous par la suite à faire respecter les décisions, je me promettais d’y veiller.
    Chez H. et Sonia, c’est nous qui faisons les lois dit Fleur. Mais non ma grande, ce n’est pas toi, tu es manipulée gentiment, pour ton bien.  L’autorité pure et simple est remplacée par une manipulation  très souvent. Celui qui pousse une gueulante passe pour un ringard. Quant à  celui qui donne une claque, malheur à lui ! Il faut longuement expliquer, amener l’enfant à la raison,  le faire adhérer pour lui donner l’illusion que c’est lui qui décide.  Suis-je dans le vrai ?
     La solution pour le repas aurait été de laisser aller, en attendant qu’ils éprouvent le besoin d’ordre.  Mais la patience n’est pas inépuisable. J’ai eu un petit regret et je leur en ai fait part. On préfère la réunion m’ont-ils assuré. (Les petits rusés !mais je leur pardonne.)
    La socialisation de l’enfant qui reste chez lui  à faire école avec ses parents peut-elle échapper à l’autoritarisme ou à la manipulation ? Veuillez bien m’excuser pour le long exemple que j’ai pris, mais il m’a permis de mieux exprimer mes limites. Pour ma part je serais pour l’autorité toute simple, sans trop d’explications. Cette solution reviendrait à la mode.

    #108 Répondre
    Cecileprésente
    Maître des clés

    ça me rappelle un article, non ?

    #156 Répondre
    Sonia
    Invité

    ça vous rappelle un article?  C’est possible , mon interrogation est toujours présente, et les faits sont réels et je n’ai écrit ce commentaire qu’ici cependant. Pouvez vous me dire à quoi cela vous fait penser?

     

    #157 Répondre
    Sonia
    Invité

    Un professeur de français d’un collège de l’Est de la France a transformé une petite sixième quasi innocente, en personne avertie des réalités de la vie, et ceci en une semaine,   devant ses parents qui n’y auraient  rien pu faire , sinon l’enlever de ce collège s’ils avaient réagi négativement et au quart de tour.
    C’est ce qui peut arriver à chacun s’il confie ses enfants à une institution quelconque..
    C’est des « 16 métamorphoses d’Ovide » de Françoise Rachmuhl  qu’il s’agit. Combats sanglants, hommes infidèles toujours à l’affut d’une proie qu’ils transforment en génisse ou foudroient, vengeances terribles, débauche, tout le monde réaliste de la mythologie y est évoqué, avec beaucoup de poésie et d’émotion aussi il faut l’admettre.
    Cette petite sixième donc s’est trouvée devant un monde cru, effrayant,. Seule, elle n’y serait jamais entrée, et commençait à paniquer lorsque je suis venue à son aide.. Nous avons passé les 16 contes ensemble, parfois je la devançais, parfois elle lisait avant  et nous parlions des sentiments, des comportements évoqués. Nous avons cherché des représentations statuaires, modelé une tête de méduse, inventé une chanson sur Proserpine etc…
    «  Qu’est-ce qui te gênait dans ces contes ? »  Ce n’est pas un livre pour les enfants  m’a-t elle répondu, mais c’est vrai que je ne suis plus un bébé!
    Par la suite elle m’a dit que ce livre avait posé des problèmes à certains élèves.
    Je ne sais pas comment ce professeur, qui a une bonne réputation, va exploiter ces contes D’Ovide . Cependant faut-il le trouver courageux ? Imprudent, de les avoir proposés ?
    Personnellement, je n’aurais pas proposé ce livre à cette sixième , qui est ma petite fille, car je la sentais encore dans le monde de l’enfance.
    Peut-on” brusquer ” impunément le monde de l’enfance?

    #160 Répondre
    Eric
    Invité

    Voici un exemple typique de ce qui m’ennuie dans le système scolaire.

    Delphine me rapportait l’autre jour ce qu’elle avait lu dans un vieux manuel à l’usage des instituteurs. Je n’ai pas le texte exact mais le sens était le suivant : “si vous souhaitez dire quelque chose à vos élèves, mais pensez que vos paroles peuvent aller à l’encontre de l’éducation que reçoit un seul de ces enfants chez lui, alors ne le dites pas.”

    Si vous pensez que votre fille est trop jeune pour lire ce livre, alors elle n’a pas à le lire sans votre accord. Le professeur peut avoir une avis différent, penser qu’elle est assez mature et vous en parler alors. Mais la décision finale vous revient.

    Le problème est qu’avec de tels principes, c’est tout le système scolaire qui s’effondre car c’est impossible à appliquer avec 25 enfants simultanément. Mais c’est de nos enfants qu’il s’agit et le ménage qui doit se faire au sein de ce système depuis de nombreuses décennies doit donc réellement se faire. Ce n’est pas aux parents, et à beaucoup d’enseignants, de subir. C’est à l’institution d’accepter de s’adapter enfin aux enfants, et non le contraire.

    #161 Répondre
    Léa
    Invité

    ““si vous souhaitez dire quelque chose à vos élèves, mais pensez que vos paroles peuvent aller à l’encontre de l’éducation que reçoit un seul de ces enfants chez lui, alors ne le dites pas.””

    Tout a fait d accord Eric.

    #169 Répondre
    Sonia
    Invité

     Tous les principes  ne sont pas forcément judicieux même venant de vieux écrits mais cela vaut la peine de les considérer avec attention.  Le sectarisme est à éviter absolument et les principes de précaution tant évoqués de nos jours dans certains domaines sont aussi des entraves à l’apprentissage de comportements de prudence. La surprotection nous guette.
    Dans mon cas, je n’aurais pas proposé ces contes à ma petite fille. Nous en avons parlé avec ses parents : eux non plus n’auraient pas fait ce choix. Par la suite ils ont été fiers et surpris d’entendre leur enfant parler  de ces personnages de la mythologie qui étaient loin de leurs préoccupations et en même temps si proches de nous, de nos sentiments et souvent  tellement d’actualité.
    Le fait d’avoir pu l’accompagner, d’avoir fait un détour par d’autres moyens d’expression  que la lecture pour faire vivre ces personnages (modelage, peinture, chant)  a facilité la représentation et l’appropriation de ces contes par cette enfant de onze ans. Bon, j’espère que d’autres adultes auront aidé ses camarades aussi, mais ce n’est pas sûr.
    Après ces petites réflexions je vous rejoins : enseignant  seul, avec une classe de 25 élèves  égale mission impossible. Mais on ne peut pas les accuser d’essayer. Parfois certains réussissent.

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