Reply To: Vacances, douleurs et imprévus quoi faire?

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Pauline
Invité

Bonjour Anna,

Vous devez en effet vous sentir parfois bien désemparée. Vous trouverez, bien sûr, des solutions, en mettant la priorité dans les moments d’urgence, sur le bonheur de votre fils plutôt que sur l’apprentissage. A quatre ans, de toutes façons, un jour de vacances et un jour d’école, dans une organisation qui se gère tout en famille, ne sont pas nécessairement différents.
Il ne me paraît pas étrange qu’un petit de quatre ans cherche l’assistance permanente d’un adulte. Je l’ai vu chez l’un de mes enfants (la première), puis la tendance s’est inversée en grandissant et c’est maintenant la plus indépendante de tous ; et chez un autre ça a été l’inverse. Chaque enfant est un monde!
Vous pouvez en profiter pour noter que pour l’instant son mode d’apprentissage de prédilection se fait par transmission interpersonnelle, et en profiter pour bien l’utiliser lorsque vous êtes en forme tout en développant d’autres stratégies pour diversifier, par ailleurs, mais sans stress.
Notez que j’ai appris de mon expérience que les enfants très “collants” ont avantage à savoir lire tôt, car c’est souvent la première activité solitaire qu’ils sont capables d’aimer, et elle peut opérer de grands changements en eux dans ce sens, ou tout simplement vous donner de l’air!

En attendant l’âge béni où il saura lire, si votre enfant tourne en rond et que vous vous inquiétez de le voir désoeuvré, lorsque vous souffrez notamment, voilà quelques petites idées pratiques pour l’occuper sans votre concours actif :
– à petite dose, des documentaires pour tout-petits ou des dessins animés en anglais. Si vous en êtes capable, vous les regarderez avec lui mais vous pourrez être allongée et votre niveau d’attention peut être bas voire intermittent.
– plus classique et très apprécié des enfants qui n’ont pas été trop abreuvés de télévision : les livre-disques. Mêmes avantages mais ils stimulent la concentration sur l’écoute, permettent le développement de l’imagination, sont souvent de meilleure qualité éducative (pour les classiques) et contribuent à créer une bonne relation à la lecture. Mon fils raffole de “Pierre et le Loup” (version Gérard Philippe), “Piccolo, Saxo et Compagnie”, “Le carnaval des animaux”, une version assez bonne de “La flûte enchantée” avec passages à lire par le parent ; il y a aussi des contes et mille autres choses que je ne connais certainement pas. Ce qui est merveilleux avec les petits, c’est que l’on peut recommencer le même disque tous les jours!
Vous aurez au moins l’impression qu’il s’est occupé utilement un moment. Cela, surtout pour les jours où vous êtes en panne, malade.
Vous pouvez aussi lui demander de vous rendre des tas de “services” que vous inventerez et les lui commander depuis votre lit, si vous êtes en état d’interagir. Je le faisais pour mobiliser mes petits lorsque je me retrouvais terrassée par des baisses de tension. Vous pouvez lui demander de ranger plus joliment les coussins de tel canapé, d’éteindre ou d’allumer des lumières, de vous soigner de telle ou telle manière plus ou mois loufoque, de vous raconter une histoire, de nourrir les animaux en peluche pour vous, et mille autres activités entre le concret et l’imaginaire. Evidemment vous souffrez peut-être trop pour cela…
En tout cas à l’âge de votre enfant, il est important que vous ne dramatisiez pas les journées “perdues”, car il a encore surtout l’âge d’apprendre en jouant, en parlant et en regardant, et n’a pas forcément besoin de classes au quotidien. Même pour des plus grands d’ailleurs, les imprévus doivent pouvoir exister et bousculer la routine sans que ce soit une source de culpabilité ou de contrariété : profitons de la liberté que nous donne notre choix! Je crois qu’il faut une routine stricte pour le quotidien, mais qu’il faut être capable de l’oublier parfois. L’école à la maison est plus proche de la vie donc il est naturel qu’elle connaisse des aléas et même, elle s’en nourrit. Il se peut qu’avoir une maman qui souffre lui apprenne plus qu’un cours sur le bleu et le jaune qui font du vert…

En ce qui concerne la manière de l’occuper en le décollant de vous dans son temps libre habituel (vacances, longueurs dans les journées), pourquoi ne pas trouver des relais entre lui et vous? :
– Vous pouvez peut-être essayer de lui offrir un animal de compagnie qui puisse l’accompagner dehors si vous avez un jardin, et qui lui offre un surplus de présence et d’animation. Le chien est le rêve de tout enfant mais certains sont capables de se réjouir d’une tortue ou d’un lapin…
– Vous pouvez peut-être aussi trouver un enfant à inviter de temps en temps à jouer avec lui, la majorité des maman appréciant qu’on prenne en charge leur rejeton quelques heures. Je le fais souvent pour mon fils de 3 ans et demi, qu’une petite amie vient visiter presque toutes les semaines, une demi-journée. J’ai moins de travail avec les deux qu’avec lui seul car ils s’occupent ensemble, et la maman de la petite est ravie.
– Ma fille aînée , de 13 ans, va parfois soulager des mamans amies en jouant chez elles avec leurs petits, en la présence des parents mais au maximum dans un autre coin de la maison. Elle le fait gratuitement, par sens du service et pour s’entraîner à faire des baby-sittings. Vous pouvez peut-être en trouver une comme ça? (Ou une moins serviable mais toute jeunette aussi, pour trois sous du coup?)

Je ne sais pas si c’est ce genre de conseils que vous attendiez, mais j’espère vous avoir donné quelques pistes. Si j’ai fait fausse-route, n’hésitez pas à re-préciser votre demande!
Bon courage!