Reply To: objets transitionnels

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Eric
Invité

Bonjour Sonia,

j’ai lu la réaction de Paul et je n’ai pas la même lecture que vous : je ne pense pas que le problème soit dans les objets transitionnels. Je lis plutôt que si l’on vit sans cesse dans le désordre, alors en particulier on ne retrouve plus ses doudous et là, c’est le drame.

Mon avis sur les doudous est pour ma part assez simple : je ne m’en occupe pas.

Aliénor a deux compagnons en peluche avec lesquels elle dort depuis très longtemps et elle ne semble pas prête à les lâcher. En revanche, il lui arrive de les oublier et de n’y penser qu’au moment de dormir, chose impensable il y a encore quelques mois. Elle progresse donc très doucement vers un abandon de ses doudous.
Quant à Cosme, il n’en a jamais réellement eu besoin. Il l’a fait pendant un temps, plutôt par imitation de sa grande soeur, à mon avis, mais ce n’est pas son truc.

Comme j’ai l’habitude de le faire personnellement, je n’accorde de l’attention qu’aux sujets que j’estime pour ma part réellement importants. Et Delphine, mon épouse, fait de même. Du coup, comme nous n’accordons pas forcément la même importance aux mêmes choses, un équilibre se crée plutôt naturellement.

Mais sur le plan des doudous, nous sommes d’accord sur un point : laisser les enfants gérer leur relation avec leurs peluches. Si l’on stigmatise des comportements, qu’on essaie de pousser nos enfants à les abandonner, c’est certainement la meilleure façon pour qu’il s’y accrochent, pour se rassurer face à ce qu’il percevront comme un léger point de conflit avec leurs parents, plutôt que par défi.
Cela ne nous empêche pas d’être attentifs et je ne dis pas qu’un adolescent de 16 ans doit encore dormir avec ses peluches. Mais pour des enfants, je ne vois réellement pas où est le problème.

Aliénor a ses peluches, avec qui elle discute et a une vie bien à elle. Pourtant, cela ne l’empêche pas de dire spontanément à ses parents qu’elle les aime, de partager de grands moments de tendresse et d’avoir des échanges riches et construits. Il ne s’agit donc pas, à mon avis, d’un substitut à quoi que ce soit, mais simplement d’un besoin bien innocent de l’enfance.

En revanche, sur l’utilisation compulsive des objets modernes et le succès des animaleries, je suis de votre avis mais je pense que les raisons sont ailleurs : beaucoup de parents, par culpabilité du manque de disponibilité qu’ils ont pour leurs enfants, “compensent” par le biais de cadeaux en tous genres.
J’avoue avoir cette tendance du fait d’un emploi du temps extrêmement chargé et de mon éducation totalement basée sur ce schéma. Heureusement, Delphine est là pour rééquilibrer ce travers de ma personnalité, sans aller cependant dans l’excès inverse.