Reply To: comparaisons entre enfants.

#158
Pauline
Invité

Bonjour! Je suis nouvelle et j’ai un peu de mal à comprendre comment fonctionne le site, car ce genre d’exercices n’est pas mon fort… Dès que j’aurai compris comment, je me présenterai!

En vous lisant je ne peux pas m’empêcher de réagir : certes il y a une tendance à stigmatiser les enfants que l’on a appelé “surdoués” puis “précoces”. Dieu sait comment on les appellera demain! Effectivement cette stigmatisation est nuisible autant pour eux que pour leurs camarades de classe. Cependant il ne faut pas tomber dans l’excès inverse d’une volonté illusoire d’égalitarisme. Il y a des enfants qui ont des capacités extrêmement plus grandes que leurs frères et soeurs, sans qu’ils aient reçu plus de stimulations, et il y a des enfants qui malgré des méthodes adaptées apprendront toujours plus lentement. Tout le monde peut apprendre, tout le monde peut aimer apprendre et être heureux en apprenant, mais il y a des enfants qui le feront sans aucun effort et quelle que soit la méthode, et à une vitesse parfois vertigineuse, alors que d’autres auront besoin de tout notre effort pédagogique. L’intelligence “classique” n’est certes pas la seule forme d’intelligence, peut-être pas la plus importante d’ailleurs, mais je trouve dangereux de nier que dans le cadre de cette faculté précise nos enfants sont inégaux. Puisqu’on privilégie, sur ce site et dans l’école à la maison, l’écoute de l’individu, ne nous laissons pas leurrer. Il y a des enfants dont les compétences intellectuelles de compréhension, raisonnement et mémorisation et utilisation de données sont extraordinaires et ont perceptibles dès leurs premiers balbutiements. Evidemment, ce trésor peut être potentialité ou étouffé par les expériences vécues par l’enfant : l’acquis a son rôle. Mais les parents qui ont un enfant qui les dépasse et les épate constamment savent très bien de quoi je parle. Mises à part les connotations qui y sont attachées, le terme “sur-doué” me plaît presque plus que celui de précoce. Ou en Anglais, “gifted” : celui qui a reçu un cadeau, celui qui a reçu plus que la normale. On ne doit pas le nier, il y a des enfants étonnants. Et le nier peut faire plus de tort à ses frères et soeurs. J’ai beaucoup détendu ma fille aînée en lui expliquant que son frère cadet avait des possibilités hors norme. Elle qui souffrait de le voir sans cesse comprendre tout plus vite qu’elle (dans toutes les situations de la vie) alors qu’il était plus petit qu’elle, elle qui commençait à s’en sentir humiliée, ne prend plus ombrage de l’esprit brillant de son frère. Elle sait pourquoi. Elle sait qu’elle excelle dans certains autres domaines que lui, notamment en qualités humaines, mais que pour tout le reste, il est fort probable qu’il “pigera” toujours plus vite qu’elle, retiendra toujours plus, saura toujours plus. Maintenant ça lui est égal. Son frère est spécial et voilà tout. Evidemment je prends bien soin de la valoriser dans ses talents personnels et de lui faire voir la valeur de ses efforts et de ses progrès.

Voilà, témoignage un peu long, désolée, mais ça fait trop de fois que je vois une tendance nouvelle à nier certaines différences, et cela pourrait nous faire tomber de charybde en scylla. Enfin, je crois!

(attention, je parle d’enfants réellement brillants, ce qui n’a rien à voir avec le niveau scolaire dans telle ou telle matière. Il est d’ailleurs connu que beaucoup d’entre eux sont en échec scolaire. Je parle aussi d’enfants brillants harmonieux, homogènes, c’est à dire doués en tout ce qui peut se comprendre ou s’apprendre avec la tête!)

J’espère ne pas vous avoir brusqués par une première intervention un peu réac… Vous verrez que je suis souvent très directe dans mes idées, n’hésitez pas à me contredire si elles ne vous plaisent pas! Je ne le prendrai pas mal!