Répondre à : recherche de témoignages de déscolarisation de collégiens

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#5872
Ahelya
Invité

Bonjour Steph5933,

Ouh la, papa a peur…

Nous avons déscolarisé nos deux garçons respectivement âgés de 12 et 14 ans à la rentrée 2015/2016.
Non pas à cause de leurs résultats (le second est excellent, l’aîné a perdu pied), mais des méthodes, du cadre, et surtout en raison de l’impact négatif sur leur personnalité, leur mental. Ils s’éteignaient sous nos yeux.
Ils avaient atteint un stade de démotivation inquiétant. L’un rentrait en rage ou parfois en larmes de ne rien apprendre, de perdre son temps et en pleine phase de “c’est nul”. Il ressentait très péniblement le nivellement par le bas.
L’autre après une mauvaise expérience avec un professeur avait laissé tomber et s’enfermait de plus en plus dans un comportement rebelle, agressif envers tous, et forcément les résultats ont chuté.
Les bêtises n’ont pas tardé à poindre et ma patience à atteindre ses limites.

Après dix années de réticence, mon mari a compris que l’école actuelle n’apporterait jamais de solution.

Je ne vous cacherais pas que la transition a été plus ou moins difficile pendant un trimestre. Normal quand on change du tout au tout me direz-vous.
Mais pas de problèmes d’obéissance insurmontables. IEF ou pas, c’est un point récurrent chez les parents, notamment les mamans.

Leur capacité à travailler se développe progressivement, leurs centres d’intérêts, leur nouvelle liberté aidant.
En fait, ils font tout simplement avec ce que nous leur donnons, nous adultes.
Sommes-nous remplis de craintes, de doutes, de questions, de tensions?
Alors soyez certaine qu’ils se calibreront sur ces aspects négatifs.
Du coup, j’ai lâché du leste, changé deux ou trois détails minimes, et là magie!
Ils sourient, revivent, s’intéressent, cherchent, posent des questions, étudient ensemble, se motivent réciproquement, font travailler leur petite sœur, prennent de l’assurance, veulent faire des activités, rencontrer du monde et voyager!!!
Oui, oui, pourtant casaniers de chez casaniers mes deux petits hommes.
Fini la violence, adieu les larmes. Vive le karaté et les lever sans stress!
Qui vient de passer quelques soirées à s’éclater à traduire des textes en slovaque?
C’est nous!

Evidemment ce n’est pas facile tous les jours, ni la vie version Disney où les oiseaux chantent en faisant la vaisselle…Non, non.
Même pour nous adultes il y a les jours “avec” et les jours “sans”, donc je prends comme cela se présente, j’arrête de stresser et de me projeter dans l’angoisse de demain.

Il nous a fallu du temps pour remonter la pente des carences accumulées à l’école et panser les plaies, avancer malgré les dégoûts.
Donc du retard au niveau du cours par correspondance, mais peu importe, ils revivent et nous avec eux.

Faire ses preuves? Comment cela serait-il possible s’ils ne s’y mettent pas franchement, ne découvrent pas leur rythme, leurs appétences?
Cela demande également de la remise en question de la part de chacun pour mener à bien ce projet de vie qui va bien au-delà de l’instruction pure et dure.

On ne peut exiger d’eux ce que nous ne saurions faire à nos âges.

Les disputes? Hummmm, joker!
Ils sont quatre, avec leur sœur de bientôt dix ans et le petit dernier de trois ans.
Là aussi, je les trouve plus calmes, même s’ils se cherchent les uns les autres, en cas de véritable difficulté, ils font front commun à la vie à la mort.

Les écrans? Nous gérons. Les enfants n’y ont droit qu’à des moment précis dans la semaine, l’unique portable du grand est rangé le soir.

Le temps libre. J’en ai plus qu’avant à vrai dire.
Plus de courses à l’école, ni de “vite c’est l’heure de ceci, de cela.”
Je prends du temps pour moi, et moi seule, pour ce que j’aime.
Question finances, le site regorge d’infos à ce sujet, je vous conseille vivement d’y jeter un œil.
En tout cas, la formation de Cécile et Rémy nous a évité de nombreux écueils sur le chemin de l’école à la maison, de grandes angoisses et quelques erreurs.
Sans parler du capital confiance engrangé et de leur écoute discrète.

Tout se gère, à condition de vraiment laisser la peur de côté et de mettre la main à la pâte pour lui donner la saveur, la forme que nous désirons.

Bonne réflexion 😉